NOTE D’OLIVIER BEHRA A L’ATTENTION DES PARTICIPANTS
Vous envisagez de collaborer avec « L’Homme et l’Environnement » à Madagascar…..
Il nous a semblé important de vous donner quelques éléments à avoir en tête avant de venir ainsi que de vous expliquer brièvement le fondement et le fonctionnement des programmes « étudiant » (stagiaires) « écovolontariat » (écovolontaires de « Planète Urgence » et « Jeunesse et Reconstruction » et voyageurs participatifs) inclus dans le volet « écotourisme » de l’ONG.
Avant de venir, je ne saurai que vous suggérer de lire attentivement cette note issue de l’expérience de précédents participants.
Des rencontres et une expérience enrichissantes
Le fondement des programmes « étudiant » et « écovolontariat » est assez simple : je crois que le rapprochement des peuples et la gestion de l’environnement dans un cadre global sont indispensables pour l’avenir de l’humanité. Les expériences que j’ai pu vivre m’ont changé. Elles ont naturellement influencé les orientations que j’ai pu prendre dans ma vie. Je me dis si certains d’entre vous peuvent faire de même, nous aurons déjà fait quelque chose de positif.
Les populations avec lesquelles nous travaillons vivent dans des contextes à 100 000 lieues de la vie moderne occidentale et que l’on trouve ou non la mondialisation force est de constater que leur isolement n’est pas concevable à l’heure actuelle.
En pratique, vous allez découvrir un autre peuple et une autre culture. Ce genre de découverte doit se faire en prenant le temps, avec le moins possible d’idées reçues. Partager ses idées demande aussi d’avoir l’humilité de chercher à comprendre ce que sont celles des autres.
Peu de gens avec qui nous travaillons parlent une autre langue que leur langue maternelle. Vous pourrez apprendre quelques mots de malgache mais il serait bien aussi que chacun d’entre vous offre un peu de son temps pour apprendre à ceux qui le veulent les rudiments de la langue qui est la vôtre.
Le travail de l’ONG sur le terrain : organisation et perception
Tout d’abord, sachez qu’il est très difficile d’appréhender depuis l’étranger le contexte de nos interventions et les contraintes qui régissent notre travail. Il se peut que l’organisation du travail sur le terrain vous laisse perplexe. Vous serez peut-être amené à vous interroger sur la pertinence des actions menées, leur efficacité et également sur leur perception par les acteurs locaux.
Il faut prendre le temps de comprendre comment fonctionne le développement. Il faut se préparer à découvrir que cela peut être aussi gratifiant sur le long terme qu’usant et ingrat sur le court ou moyen terme. Une approche telle que celle de L’Homme et l’Environnement est nécessairement fondée sur le long terme et sur l’intérêt général. Les résultats de nos programmes de recherche-application (qui ont été initiés en 2002 pour les sites de Vohimana et Vohibola) se jugeront dans la durée.
J’ai maintenant de nombreuses années d’expérience et si cela ne me donne pas la science infuse, j’ai toujours la foi dans le besoin d’agir et dans la possibilité de changer les choses vers quelque chose de mieux. Il ne faudra pas hésiter à exprimer les interrogations que vous pourrez avoir : restituer le contexte permet d’éclairer les choses sous un jour différent. Vos remarques ou suggestions seront toujours les bienvenues.
Encadrement / autonomie
Nous attendons des participants de l’esprit d’initiative, de bonnes capacités d’adaptation et une grande autonomie. En clair, vous n’aurez pas en permanence une personne de l’équipe à vos côtés. Ceci ne veut pas dire non plus que vous serez seul(e), mais qu’il vous faudra être autonome. Certains pourront considérer que l’encadrement sur place est insuffisant, mais vous entrez dans la « vraie vie » et c’est grâce à ce goût de la découverte que j’ai appris à faire des choses un peu « hors du commun ». Sachez toutefois que ma porte sera toujours ouverte…
Si vous prenez contact avec des participants qui vous ont précédé, vous vous rendrez également compte qu’en définitive, ils ont beaucoup appris à la fois sur ce qui se passe ici et aussi sur eux-mêmes. Ceci dit, si vous ne vous sentez pas la force ou l’envie d’écouter et d’apprendre par vous-même sans un encadrement « serré », n’ayez pas honte de nous le dire et de renoncer à cet apprentissage que vous envisagez.
Pourquoi une contribution financière ?
Si vous choisissez de venir, vous entrerez dans un cadre dans lequel nous avons envie de partager mais qui n’est pas toujours simple à mettre en place. Nous aimerions bien sûr pouvoir accueillir des étudiants et des visiteurs gratuitement mais nous n’avons pas de subventions et de moyens pour cela. Cela peut être frustrant d’avoir à contribuer financièrement à un programme quand on a envie de donner de son temps et de son énergie, d’autant que venir coûte déjà de l’argent.
Pour les stagiaires
La contribution que nous demandons aux stagiaires permet tout juste de couvrir les frais de base de gestion du programme « étudiant ». Bien sûr, vous apportez probablement un savoir et nous espérons autant que vous, vous laisserez une trace utile. Mais dites-vous aussi que vous allez également apprendre et que cela en vaut certainement la peine.
Pour les écovolontaires
Une contribution supplémentaire est demandée aux écovolontaires, ce qui peut encore une fois paraître anachronique ou déplacé. Croyez-moi cependant, notre ONG développe ses activités avec très peu de moyens et tout ce qui peut être injecté sur le terrain est important. Je suis convaincu qu’il est indispensable de travailler dans un cadre strict de suivi des dépenses pour atteindre le meilleur rapport coût / efficacité. Il faut cependant une gestion comptable et un minimum d’administration pour vous recevoir.
Si vous devez contribuer au développement, cela passe par une base minimum sur le terrain qui comprend aussi un minimum décent et permanent pour les populations défavorisées. Des femmes et des enfants meurent dans les campagnes de façon complètement aberrante parce qu’inévitable. Si vous venez travailler avec nous, nous croyons que c’est aussi parce que vous êtes sensible à tout cela.
Votre contribution participera à des activités que nous jugeons préliminaires à toute intervention, dans le domaine de la santé, de l’hygiène et de l’éducation par exemple. Dites-vous que c’est en partie grâce à ce que vous allez verser que les enfants que vous allez voir, tous miséreux qu’ils soient, ont accès à un minimum de soins…
En contrepartie, rappelez-vous que l’ONG s’est chargée de mettre à votre disposition différentes infrastructures d’hébergement à Tana comme sur le terrain, infrastructures qui vous permettront à tous d’économiser sur votre budget « hôtel ».
En vous renouvelant mon souhait que cette expérience soit aussi enrichissante que possible pour vous, je vous dis « à bientôt à Madagascar et sur le terrain ! »
Olivier Behra
Secrétaire Général
L’Homme et l’Environnement (MATE)
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