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Le problème de la sécurisation foncière a souvent été posé comme facteur de déblocage à l’adoption de pratiques culturales pérennes, et surtout aux plantations d’arbres productifs par les populations locales. S’il existe une reconnaissance traditionnelle forte du foncier, et même une reconnaissance par l’Etat du droit traditionnel du foncier, la coexistence de ce droit traditionnel, avec un système cadastral très éloigné du terrain, crée une insécurité évidente pour les populations rurales.
En pratique, cela se traduit très simplement : par la réaction « je ne vais pas planter des arbres sur un terrain que je ne suis pas sûr de posséder ». Ceci dit, la perversité du système traditionnel et de sa reconnaissance par l’Etat, réside dans le fait que la forêt appartient à l’Etat. Détruite et brûlée pour être cultivée, la terre mère de la forêt, devient la propriété de la personne ayant coupé la forêt.
La stratégie de l’Homme et de l’Environnement consiste avant tout à proposer aux communautés locales, la reconnaissance de leurs besoins de posséder des terres productives. Une évaluation des besoins des familles, ainsi que des productivités potentielles, doit être préliminaire aux délimitations des zones à préserver, si nous voulons espérer une quelconque durabilité de la préservation du couvert forestier.
A l’opposé - sans être incompatible – le maintien des écosystèmes demande la préservation d’écotypes spécifiques, ainsi que de liens d’échanges génétiques. Une fois la viabilité de l’intégration, la conservation du couvert forestier, et l’assurance de la productivité agricole requises, un plan d’aménagement est proposé aux communautés locales. Ce plan d’aménagement intégrant les zones de préservation de couvert forestier, permet de proposer aux populations et de sécuriser pour leur usage agro-écologique, des zones de productivité.
La réflexion actuelle amène dans ce cadre à prendre en compte des zones de productivité intenses, à développer une agriculture pérenne, ainsi que des zones de production agricoles intermittentes par le maintien des jachères. Par ces dernières, on notera en particulier le besoin de considérer le propriétaire ayant défriché la terre à l’origine, qui est celui qui a le droit de développer une production. Sans oublier la communauté dans son ensemble, à laquelle il faut laisser libre accès à la ressource des jachères, en particulier les plantes médicinales.
Ce processus de sécurisation foncière a vocation de rendre incitatif, aussi bien le développement de plantations d’arbres productifs, que l’intégration de ces plantations dans un concept de valorisation optimum de la biodiversité, d’intérêt économique et sanitaire pour l’ensemble de la communauté.
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