Avec les nouvelles évidences des impacts des transports aériens sur le réchauffement climatique, la problématique des voyages internationaux par rapport au développement durable se repose. Et ce, au-delà des perversions du tourisme sur l’environnement et les populations locales mises en avant encore trop souvent à juste titre.

Ainsi, avant de commencer à développer une stratégie pour le développement du tourisme, faut-il prendre position en connaissance de cause sur les impacts possibles du tourisme.
Le tourisme est en effet ambivalent dans ses effets. Il suscite incontestablement des commerces injustes et des exploitations odieuses.
Ceci dit, à moins de protéger les pays pauvres du tourisme, au nom de la conservation du patrimoine et autres fantasmes ethnologiques - qui conduisent à enfermer ces pays dans leur misère -, l’avenir est dans l’échange, avec conscience. A trop s’attacher à la protection des cultures, on en oublie le quotidien du monde.
Outre la voie du développement, il ouvre également l’esprit et suscite un recul critique chez un voyageur qui ne s’est pas toujours demandé dans quel monde il vit au-delà des frontières de son pays ou de sa région. Arrivé, ce voyageur est interloqué, il passe ou s’interroge, affronte ou doute, il peut même fuir ou en théorie s’engager pour la première fois en connaissance de cause. Quoi qu’il en soit, un seuil est franchi par la découverte d’une réalité, difficile parfois, face à la richesse des uns, soudainement à la limite de l’incongru, et la pauvreté insupportable des autres.

En voyageant dans un pays pauvre, le visiteur risque son confort moral. Un réel inconfort survient fatalement pour les gens ayant un minimum d’intelligence et d’humanité.
L’envie d’échapper au spectacle de la misère du monde est compréhensible mais ne doit pas être systématique. Découvrir que la joie de vivre demande souvent beaucoup moins en terme matériel que ce que l’on croit est aussi fondamental pour tous.
Il est nécessaire de réfléchir mais tout autant de promouvoir le tourisme et les échanges plus complexes et plus poussés avec les pays pauvres. La communication est la vie ; et la rencontre des cultures, on l’oublie trop, a fait – et fera, l’histoire de tous les peuples.
Il faut permettre le voyage vers l’étranger, ce malgré ses coûts et ses risques. C’est une question de salubrité mondiale. Le développement durable passera par plus de conscience dans les différences et les visites des occidentaux dans les pays en voie de développement joueront un rôle primordial.